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Le marathon de Paris : mon premier vrai marathon.


Andy (mon mari) vient de compléter le marathon de Monterrey dimanche dernier, ce qui m’a rappelé que je n’avais pas encore partagé sur le blog mon expérience du marathon de Paris effectué le 14 avril dernier. Andy a couru ce marathon (son troisième) en 3h31 contre 4h25 l’an dernier. C’est énorme, géant, mais pas incroyable. Il s’est entraîné comme un malade pendant des mois, il a travaillé d’arrache-pied et les efforts ont payé. Pour ma part, contrairement à Andy, mes objectifs sont beaucoup plus modestes. J’adore courir et sans le running je me sens incomplète mais je le fais pour le fun. Compléter un marathon, oui. S’entraîner tous les jours à 5h du matin pour battre des records, non. J’ai d’une part une fragilité au pied droit, qui a été opéré deux fois au cours des deux dernières années, et j’ai d’autre part à cœur de me concentrer sur d’autres choses. Tout dans ma vie ne peut être consacré à la course. À mes yeux, il s’agit plutôt d’un loisir mais un loisir que je prends très au sérieux lorsqu’il s’agit de courir un marathon. Si tel est mon objectif, je m’y prépare dans les règles de l’art.


Pour ceux qui ont lu l’article Le marathon de Monterrey : la fausse-bonne idée ? vous savez que je n’envisageais pas de le courir, et bien que je courrais trois fois par semaine et avais deux cours de danse hebdomadaires, je n’avais pas suivi un plan de préparation spécifique au marathon. Le résultat ? Pas mauvais je dirais si l’on prend en compte que j’ai été poussée et projetée en avant au 16ème kilomètre et que malgré la douleur et le genou en train de s’infecter (il aurait été trop beau de recevoir de l’aide) je l’ai terminé. Pour autant, je n’ai pas apprécié l’expérience. Le parcours à Monterrey est difficile, il y a beaucoup de cotes et honnêtement, je ne trouve pas la ville agréable. Difficile dans ces conditions de profiter de 42 km de course. Dans le même temps, ce fut une expérience et toute expérience est bonne à prendre. Cela m’a donné une idée de ce que représente la distance d’un marathon, ce qui m’a aidé pour me préparer à celui de Paris que je considère comme mon premier vrai marathon. Alors, je vous dis comment c’était ?



 

Les points à améliorer


* Les sanitaires


Je n’ai pas trop de point de comparaison car je n’ai pas couru suffisamment de marathons mais les sanitaires se sont révélés être un problème. Bien que je sois allée aux toilettes dans un café avant de rejoindre mon sas de départ, j’ai encore eu envie d’y aller, sûrement à cause du stress. Or tous les sanitaires étaient tapissés de merde. J’ai du mal à croire que j’écris ainsi mais je ne vois pas comment le dire autrement. J’ai donc commencé à courir avec la vessie comprimée et j’ai été obligée de m’arrêter aux sanitaires mis en place par les organisateurs après Bastille soit au 7ème km environ. Il y avait la queue, ça a cassé mon rythme et j’ai perdu presque un quart d’heure…


* Un tunnel interminable


Nous avons dû courir pendant un temps qui m’a paru interminable dans un tunnel au niveau des quais entre l’Hôtel de Ville et la Place de la Concorde. C’était obscur, il y avait beaucoup d’échos avec tous les coureurs, certains se sont sentis mal à cause de la sensation d’enfermement et…l’odeur d’urine y était insupportable.

 

Ce que j’ai adoré



* Courir dans ma ville


Ça semble « cliché » mais oui, Paris est une ville magnifique et sûrement l’une des plus belles au monde. Pendant 42 km de course, on ne pense pas à la saleté ambiante, aux gens mal éduqués et aux métros surchargés. On profite tout simplement de la capitale. On apprécie son architecture, la beauté de ses édifices mais aussi ses forêts. Courir le marathon de Paris c’est passer par la Concorde, la place Vendôme, l’Opéra, la Bastille, le bois de Vincennes, les quais, l’Hôtel de Ville, Notre Dame, le Musée d’Orsay, la Tour Eiffel, le bois de Boulogne, la Fondation Louis Vuitton et terminer derrière l’Arc de Triomphe. Personnellement, ça m’a aidé à apprécier la course, en particulier après le 25ème kilomètre où je commençais à fatiguer et à ressentir les premières douleurs. Paris est belle et la route n’en est que plus agréable.



* Le climat


Il faisait frais et ensoleillé. J’ai eu le sentiment d’avoir le temps parfait pour effectuer un marathon. 4 degrés ça semble peu mais le corps se réchauffe vite, les rayons du soleil sont agréables et j’ai terminé la course avec une température aux environs de 10 degrés.


* L’atmosphère


Les Parisiens sont froids ? Ils ne sont pas aimables ? Pas chaleureux, pas accueillants ? J’ai eu la preuve du contraire ! Il y avait du soutien tout au long de la course, des gens qui crient votre nom en le voyant sur votre dossard, des volontaires qui coupent des milliers d’oranges en quartiers, des pompiers sur leur échelle en travers de Rivoli et d’autres avec des éponges humides pour se rafraîchir. J’ai entendu certains coureurs se plaindre qu’il y avait moins de gens aux bois de Vincennes et au bois de Boulogne : c’est normal car c’est moins accessible et personnellement j’ai apprécié ces moments d’accalmie où on se retrouve seul face à soi-même. Je reconnais que dans le bois de Boulogne, les dix derniers kilomètres ont commencé à se faire long et j’ai finalement décidé d’écouter ma musique pour ne pas entendre les râles des autres coureurs. Ça m’a redonné du « peps » pour la fin quand mes jambes étaient vraiment douloureuses. Puis il y aussi les autres coureurs qui font de l’humour avec des remarques du type : « Plus que 40 km les gars ! On y est presque ! » ou « C’est pour ça qu’on a dépensé 90 balles et qu’on a raté tous les apéros entre amis ces trois derniers mois ! » En définitive, je me suis sentie bien et je me suis sentie encouragée.


* La présence de ma famille


Ça n’a évidemment pas de prix. J’ai eu la chance de voir mon père et ma belle-mère à Bastille où j’ai pu leur donner ma veste. Puis ma plus jeune sœur m’a fait la surprise de m’attendre au Château de Vincennes. Ensuite, un peu après le 21ème km, au Quai de la Râpée, j’ai revu mon père qui m’a donné un gel nutritif et de l’eau enrichie en électrolytes. Au niveau de l’Hôtel de Ville j’ai croisé ma maman et mes deux sœurs. Enfin, j’ai retrouvé mon père à Porte d’Auteuil avant les dix derniers kilomètres. Je me souviens qu’à ce stade je me suis dit que ça devenait vraiment difficile. L’entendre dire que dix kilomètres ce n’était rien pour moi m’a redonné de l’énergie ! En définitive, la présence des siens aide !


* Le prix


En m’inscrivant en septembre 2018 j’ai payé 90€. C’est très raisonnable en comparaison d’autres marathons. Une amie mexicaine m’a fait remarquer que c’est parce-que ce n’est pas un « Major » les « majors » étant Chicago, New York, Boston, Londres, Berlin et Tokyo. Je lui ai gentiment répondu : « Et alors ? » Personnellement, je ne cours pas un marathon pour le prestige. Je le fais pour moi et je ne mettrais jamais 200 USD (voire beaucoup plus) dans une inscription à un marathon aussi bien organisée que soit la course. Je préfère au contraire un marathon avec moins de participants (mais nous étions quand même 60 000 à Paris) et à un prix plus abordable.

 

Parce-que rien ne se passe jamais comme prévu...


Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu, j’ai vécu une mésaventure à la fin. Je me souviens avoir franchi la ligne d’arrivée avec mon thermostat joie/bonheur/euphorie à 100% et n’avoir qu’une envie : rejoindre mon mari (évidemment arrivé avant moi) et ma famille. Problème : ils n’étaient pas là. J’ai avancé jusqu’à la dernière sortie où l’espace était moins saturé, tout près de l’Arc de Triomphe, et je ne les voyais pas. Plutôt que de m’agiter, je me suis dit que le plus raisonnable était de ne pas bouger et que l’un d’entre eux finirait bien par arriver. Or je ne voyais personne et je commençais à avoir sérieusement froid. C’était eux qui avaient mon pantalon de jogging, ma veste, etc…En outre, je cours sans téléphone car je ne trouve pas ça pratique, je n’avais donc pas la possibilité de les appeler. J’ai bien eu l’idée d’emprunter un portable mais je n’avais aucun numéro en mémoire…


Au bout d’une heure et demie j’ai commencé à sérieusement considérer de rentrer jusqu’au domicile de mon père en métro (sans ticket car je n’avais pas d’argent sur moi) et d’attendre là-bas car le froid était insoutenable. Je me suis finalement approchée d’un policier qui a eu la gentillesse de me donner une couverture de survie et m’a conseillé de bouger (je ne pouvais plus rester immobile) mais seulement en faisant des aller-retours en ligne droite au centre de l’avenue où continuaient de sortir les coureurs. Et finalement, après deux heures d’attente, j’ai enfin aperçu mon père et mon mari. Comment est-il possible qu’ils ne m’aient pas vu ? Je n’en n’ai aucune idée. Toute ma famille m’a dit m’avoir cherché. Le fait est que je n’ai pas bougé et que je ne les ai jamais aperçus. L’hypothermie ayant commencé à faire son œuvre, je n’en n’ai que plus apprécié le thé et les pâtisseries parvenus à la maison.

 

Le marathon : un voyage…

Mon bilan de ce marathon parisien est plus que positif. Je n’avais pas d’objectif de temps et j’ai décidé à cet égard de ne jamais regarder ma montre. Elle enregistrait bien-sûr la course mais j’ai délibérément choisi de ne pas surveiller mon rythme, ma vitesse, le temps…Mon but était d’achever ce marathon, d’en profiter et c’est ce que j’ai fait. J’ai bien senti que passé le 25ème km les choses commençaient à se compliquer et j’ai dû m’arrêter deux fois une quinzaine de secondes pour jeter de l’eau froide sur mes jambes et les masser afin de prévenir les crampes que je sentais me guetter. En définitive, je l’ai fait en 4h58 contre 5h14 à Monterrey. 4h58 de bonheur à l’état pur.


Bien-sûr qu’il y a des moments qui nous paraissent longs, de la douleur, du doute (vais-je y arriver ?) mais le mental l’emporte toujours. Personne n’a envie d’abandonner au 30ème km. Imaginer la ligne d’arrivée tient en haleine. Le désespoir est vite chassé par le souvenir des mois d’entraînement, de tout ce qu’on a mis en œuvre pour y arriver.


Un marathon est une épreuve solitaire, bien que l’on soit entourée de milliers d’autres coureurs et de supporters. On se retrouve face à soi-même, notre esprit vagabonde, on pense à mille et une choses, à ce qui compte vraiment dans notre vie. Alors qu’on porte le poids de notre corps sur 42 km, on apprend sur soi-même, sur notre capacité de résistance.


Ce marathon de Paris aura été pour moi une date clé de l’année 2019, l’une des plus belles expériences de toute ma vie (l’autre étant la rencontre avec les baleines en Baja California en janvier 2018) et en définitive ce que je considère comme mon premier vrai marathon. C’est une immense joie de faire partie des 48 000 qui ont franchis la ligne d’arrivée sur les 60 000 inscrits et de compter parmi les 27% de femmes qui l’ont couru.



Le lendemain, Andy et moi nous sommes envolés pour passer quatre jours à Malaga et Notre Dame a brûlé. Nous l’avions visité le vendredi antérieur au marathon et avions couru juste à côté. Ça m’a laissé une impression étrange et n’a que renforcé le sentiment que ce marathon de Paris en valait vraiment la peine.



Pour aller plus loin je vous invite à lire le livre 42 km 195 de Bernard Thomasson et de voir les articles : Mes 10 conseils pour se mettre à la course et Comment Monterrey a fait de moi une coureuse ?

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