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Cristina : l’expatriation comme accélérateur de développement personnel.


Mon expérience vaut ce qu’elle vaut mais ne reflète pas la diversité des parcours expatriés. C’est pourquoi j’ai lancé la rubrique : Portraits d’Expat’. J’y partage les témoignages d’expatriés au Mexique et aux quatre coins du monde afin d’ouvrir les horizons du blog, de découvrir d’autres histoires et d’autres expériences qui sont autant de nouvelles perspectives sur l’expatriation.

Portraits d’Expat c’est un regard nouveau sur l’expatriation…

 

À 36 ans, Cristina enregistre trois expatriations au compteur. Aujourd’hui, elle vit avec sa famille dans un petit village d’Angleterre où ils ont posé leurs valises au lendemain du referendum du Brexit, événement qu’ils n’avaient bien-sûr pas pu prévoir. Les différentes expatriations de Cristina ont été motivées par le travail de son mari mais pour cette professionnelle de la communication, chaque déménagement a été l’occasion de se développer et d’entreprendre de nouveaux projets. Cristina est aujourd’hui l’auteur du podcast Expat Heroes, premier podcast de l’expatriation, qui a fêté ses deux ans en février dernier et auquel j’ai eu le plaisir de participer. Aujourd’hui, c’est à mon tour d’interroger Cristina (j’ai échangé avec elle via Skype).


1 – Cristina, d’où viens-tu ?


Je suis née à Annecy en Haute Savoie et mes parents sont portugais. J’ai fait mes études à Grenoble, puis à Lyon où j’ai vécu 10 ans.


2 – Où t’es-tu expatriée et pourquoi ?


J’ai vécu une première expatriation à Madrid de 2009 à 2011, puis à Göteborg en Suède en 2013 après un retour en France où j’ai donné naissance à mon deuxième enfant. Ma famille et moi sommes à nouveau rentrés en France en 2015, juste pour un an, et cela fait depuis 2016 que nous vivons en Angleterre. Nous sommes à Solihull, à environ 25 minutes de Birmingham et 2 heures de Londres. Mes expatriations ont été motivées par la profession de mon mari : je l’ai suivi au grès de ses mutations.


3 – Que faisais-tu avant de t’expatrier ? Ton expatriation a-t-elle induit un changement d’activité ?


J’ai commencé ma carrière comme chef de projet web et lors de mon premier retour en France après Madrid, j’ai trouvé un poste de responsable de communication où j’avais comme mission principale de mettre en place un nouvel intranet, une digital workplace dans l’entreprise. C’était de la communication interne.


La première expatriation était vraiment une parenthèse professionnelle. A Madrid j’ai repris des cours du soir et j’ai validé un Master en communication. Quand on est revenu en France, le retour dans mon entreprise s’est assez mal passé car je n’avais plus de poste (Cristina avait sollicité une disponibilité avant son départ à Madrid). Pour la nouvelle expatriation en Suède j’ai donc décidé de démissionner. J’avais alors vraiment la perspective de retrouver du travail en Suède mais je me suis heurtée au marché du travail local. Je souhaitais retrouver exactement le même type de poste et j’ai réalisé que ce n’était pas possible étant donné qu’une responsable de communication doit maîtriser la langue. J’ai mis beaucoup de temps à apprendre le suédois. Et malheureusement, au moment où j’ai retrouvé un contrat (mais qui était en-deçà de mon niveau) il a fallu repartir…J’avais passé un entretien en suédois qui s’était vraiment bien passé.



Néanmoins, seulement un mois après notre retour en France j’ai retrouvé un emploi : un poste auquel je n’aurais jamais pu prétendre si je n’avais pas fait tout ce chemin-là. Ils avaient besoin de quelqu’un qui soit opérationnel rapidement, qui sache s’adapter et qui soit débrouillard. Mon expatriation m’a alors valorisé : sans l’expatriation, je n’aurais jamais eu ce poste, c’est certain. En réalité, si je n’étais pas partie à Madrid je n’aurais pas eu mon Master et si je n’étais pas partie en Suède je n’aurais pas prouvé ces capacités d’adaptation.


Quand on est arrivé en Angleterre j’ai tout remis à plat. J’ai hésité à retrouver du travail : j’ai réalisé que voir mes enfants grandir m’épanouissait alors pour mon équilibre personnel j’ai décidé de garder ce temps-là avec eux. Le simple fait de pouvoir aller les chercher à l’école m’apporte beaucoup de joie au quotidien. Je ne me suis donc pas réengagée dans la voie professionnelle traditionnelle.


Au lieu de ça, j’ai lancé Expat Heroes, projet qui est né avant que je ne vienne en Angleterre. Lors de mon dernier retour en France, je gérais un podcast d’entreprise et c’est là que l’idée a commencé à germer. La thématique de l’expatriation n’était alors pas du tout couverte au sein des podcasts, ce n’était que survolé. Je tiens à préciser ici que Cristina a créé le premier podcast sur l’expatriation et que ceux qui fleurissent actuellement sur la toile ont été bien ultérieurs à Expat Heroes qui a fêté ses deux ans en février 2019.


4 – Que penses-tu de ta ville d’expatriation ? Qu’y apprécies-tu le plus et qu’y apprécies-tu le moins ?


Je vis dans un village à côté de Solihull dans les Midlands. C’est comme dans Postman Pat (connu en français sous le nom de Pierre le facteur), un dessin animé anglais avec un petit facteur qui fait sa tournée dans un village charmant où les gens sont adorables. Ce que j’apprécie, c’est que c’est une petite ville tranquille. Je suis loin de la grande métropole, de l’agitation de Londres, ce qui s’adapte parfaitement à ma vie de famille.



Je voulais être au milieu des Anglais et non pas qu’avec des Français. Mes enfants vont à l’école locale, j’ai une amie anglaise que je vois toutes les semaines, je côtoie les mamans anglaises…Les gens sont adorables parce qu’ils sont aussi très francophiles : en Angleterre, le français est enseigné à l’école. Ceux qui arrivent à le parler un peu sont contents d’échanger avec moi en français.


J’aime ce rythme de vie en immersion, être baignée dans la vie des anglais. Je commence à comprendre leurs blagues, leur humour, ils sont cools en tous points. Je suis contente que mes enfants grandissent dans cet univers-là.


Il y a un néanmoins un aspect culturel avec lequel j’ai un peu de mal : ce sont les charity shops, des magasins avec le nom d’une association et qui vendent de tout. Ça fonctionne de la façon suivante : on reçoit dans nos boîtes aux lettres des sacs pour nous permettre de donner des vêtements et des chaussures. Ensuite, ils récupèrent ces affaires, les trient et les revendent. Les bénéfices sont alors reversés à des associations. Je trouve ça chouette en soi mais le souci c’est qu’il y a des événements tout le temps. A l’école on est tout le temps sollicité, trois à quatre fois par mois, soit pour donner soit pour organiser un événement pour une association. C’est extrêmement fort, ça fait partie de la culture anglaise, à la télé il y a même des pubs là-dessus. Dans les charity shops, les gens font des affaires, ils trouvent des fringues pas chères et même des super marques. Mais parfois j’ai un peu de mal.


En même temps, j’aime cet esprit de communauté qui est fort. Je pense par exemple à un enfant qui a perdu ses parents dans un accident de voiture : des personnes se sont tout de suite organisées pour apporter des repas, récolter de l’argent et je trouve ça génial. Je ne sais pas si en France on aurait cette même capacité à mobiliser les gens.


J’ai par ailleurs une amie qui s’est fait opérer et on s’est tous organisés pour lui apporter un repas. D’ailleurs, quand je suis arrivée, on m’a tout de suite accueillie. J’étais l’étrangère et on est venu vers moi. Il y avait une autre française dans l’école et on me l’a tout de suite dit. Je suis toujours incluse dans les événements même si on ne penserait pas forcément à moi d’emblée : on ne m’oublie jamais et ça fait chaud au cœur. Je ne sais pas si on verrait ça en France, je m’interroge. Mais c’est peut-être aussi l’esprit « village » où tout le monde se connaît, mon propos est donc à tempérer. En France, probablement que dans les villages on pourrait retrouver ce souci de l’autre. Là où je vis en Angleterre, c’est un petit coin de paradis donc ça joue aussi.


5 – Quels sont tes endroits favoris ?


Il y a deux institutions, English Heritage et National Trust, que j’aime beaucoup car elles permettent d’acquérir une carte de membre annuelle (60€ l’année pour toute la famille) et de visiter de vieilles bâtisses et des châteaux qui ont été rénové. On peut en visiter dans toute l’Angleterre et c’est incroyable la richesse de patrimoine que les Anglais ont. Plus on découvre et plus on aime. On a eu un coup de cœur pour les Cornouailles au sud de l’Angleterre: c'est magnifique. J’aime les plages et j’ai une tendresse particulière pour les moutons (rires). Ces lieux sont même des lieux de vie : les gens y vont pique-niquer le dimanche, tout est rénové, c’est magnifique.


6 – Quels seraient tes conseils pour quelqu’un qui débarque ici pour la première fois ?


Ne pas hésiter à aller au contact des Anglais. Le français est enseigné à l’école primaire donc ils sont vraiment francophiles. Bien-sûr, il y a des racistes et des xénophobes partout mais je dirais que la majorité est plutôt ouverte. Mais il s’agit de mon expérience personnelle qui est bonne : ceux qui sont rentrés en France à cause du Brexit en ont peut-être eu une différente.


7 – As-tu une anecdote particulière relative à ton expatriation et qui t’a a laissé un souvenir marquant ?


J’ai une anecdote en Suède. Les différences culturelles avec la France y sont plus fortes étant donné que les Suédois sont un peu plus froids au premier abord. C’était en hiver, j’avais glissé dans la rue et quelqu’un était revenu pour m’aider à me relever et me demander si ça allait. Ça m’a marqué. Aurait-on fait la même chose en France ? Je n’en suis pas sûre. Les Suédois sont très attentifs au bien-être des uns et des autres tout autour. Au début, je me baladais avec une carte et les gens venaient me voir en me demandant si j’étais perdue et s’ils pouvaient m’aider. J’avais eu l’expérience inverse en rentrant de Suède : j’avais vu un couple qui était perdu dans le métro à Lyon, j’étais allée les voir et ils étaient assez surpris.


J’ai une deuxième anecdote : quelque chose que j’ai vu quand je suis arrivée en Suède. C’était au mois de mai, la meilleure période de l’année où les jours sont longs et où il fait un grand soleil. Ce qui m’a marqué c’est de voir beaucoup de gens faire les lézards sur un banc, mais véritablement, affalés de tout leur long. Je n’ai pas compris sur le moment mais après avoir vécu un plein hiver où le soleil manque, j’ai fait pareil. Il y a d’ailleurs beaucoup de terrasses et même en hiver, dès qu’il y a un rayon de soleil les gens vont dehors avec leur petite couverture. Il fait froid, il y a du vent mais ce n’est pas grave : on cherche à prendre le soleil, c’est vital.



Mon rapport à la lumière a d’ailleurs changé en Suède. Ça avait déjà commencé à Madrid : ah, la lumière de Madrid…tu vois la vie en rose, ce ciel, ça illumine ta journée, littéralement. Ça me manque. Je m’étais fait une étrange réflexion à cet égard. En Suède, les gens ne sont pas religieux alors qu’en Espagne ils sont très catholiques et je m’étais dit à propos des Suédois : « oui, enfin c’est normal, ils ne peuvent pas être croyants parce qu’ils ne voient pas le ciel ». (rires) C’est une blague évidemment mais tu ne vois vraiment pas le ciel, c’est comme une couche, c’est peut-être particulier à Göteborg où j’étais. On a l’impression d’être dans un monde parallèle, c’est extrêmement bizarre. C’est pour ça qu’il y a plein de romans suédois hyper noirs.


8 – Parle-moi de quelque chose que font les gens localement et qui est différent de la France ?


Les Anglais dînent à 16h30-17h : j’ai du mal avec ça. Une fois j’avais laissé mes enfants à la garderie de l’après-midi : ils leur ont servi des nuggets avec des frites à 16h. Ils appellent ça le « tea time » mais en réalité c’est un dîner. Puis les enfants sont couchés à 19h.


Lorsqu’il y a des « playdate » pour les enfants à la maison ma copine française m’avait prévenu : les parents s’attendent à ce que tu leur donnes à dîner. Mais je ne tiens pas à changer mes habitudes chez moi : je peux leur préparer des sandwiches mais moi je dîne en famille à 19h.


Pour les parents qui travaillent, en définitive, la famille dîne rarement ensemble. Un jour, un plombier est venu chez moi pour réparer une fuite d’eau dans la cuisine et il a vu le coin repas. Il a désigné la table en disant : « C’est là que vous mangez ? C’est chouette : nous, on ne mange pas ensemble. » Chacun fait de son côté. Je ne veux pas généraliser car j’ai une copine anglaise qui fait dîner ses enfants vers 18h-18h30 de manière à ce que le papa soit rentré du travail et puisse être présent. Mais je me rends compte que pour nous les Français, c’est important le repas du soir, c’est un moment de partage.


Mais à part ça, les Français et les Anglais ont des codes culturels similaires.


9 – Qu’est-ce-qui te manque le plus en France ?


La nourriture et la mode, sans surprise (rires). Je trouve que ça manque de raffinement, ce n’est pas pareil.


Je suis chanceuse parce-que je trouve du fromage, il n’est pas trop cher mais c’est bête, les fruits n’ont pas le même goût. En revanche, les Anglais adorent la cuisine indienne, du coup on s’est fait de supers bons restos indiens dans notre village. Mais voici un autre exemple : je suis allée au Christmas Market à Birmingham, l’un des plus grands marchés de noël d’Europe. Je m’attendais à trouver des trucs typiquement anglais et en fait ils servaient des saucisses de Strasbourg (rires). Finalement, le cœur de la gastronomie anglaise, c’est quoi ? Même le Christmas pudding ils n’aiment pas ça (rires), ils le disent eux-mêmes, ils en mangent parce-que c’est la tradition. Alors que nous on aime la bûche. Bizarrement la Suède est plus riche à ce niveau-là : à Noël tu as des buffets avec du hareng fumé à toutes les sauces et c’est délicieux. Leur buffet de noël est somptueux : du bon saumon, du bon poisson. Il y a toujours des patates (rires) mais c’est plus typique et local.



Ce qui me manque aussi ce sont les desserts. Les Anglais font des desserts trop sucrés. Et les soupes sont toutes épicées, je me demande pourquoi. Ils mettent du gingembre dedans tout le temps. C’est différent.


10 – A quelle fréquence rentres-tu en France et comment vis-tu ces retours ?


J’essaie de rentrer pendant les vacances scolaires pour maintenir le lien avec la France, surtout pour les enfants en termes de culture. Mais l’agressivité ambiante à chaque fois me saute au visage.


J’ai l’exemple de la conduite. Les enfants me demandaient pourquoi un conducteur klaxonnait et si je le connaissais. Je me suis donc mise à leur expliquer que le klaxon avait plusieurs significations : que ça pouvait vouloir dire « salut, comment ça va ? je t’ai reconnu », mais aussi « pousse-toi de là ». En fait, j’étais effarée d’expliquer ça. En Angleterre ils sont extrêmement cordiaux au niveau de la conduite et c’est le contraste qui me frappe.


Il y a d’autres exemples. En France, quand on fait la queue dans les magasins, les gens ne s’adressent pas la parole. À La Poste un jour, une dame cherchait quelque chose et on l’ignorait. Je me suis approchée d’elle en lui demandait si je pouvais l’aider : elle n’avait tout simplement pas ses lunettes. Puis quand elle est arrivée au niveau de la guichetière, cette dernière lui a répondu qu’elle n’avait pas le temps et qu’elle n’aurait qu’à regarder sur internet. En Angleterre, jamais on ne te répondrait de la sorte. Je suis surprise par ce manque de bienveillance.


11 – Quel est selon toile plus gros défi de l’expatriation ?


Oser. Oser c’est faire le premier pas. Quand on l’a fait, tout le reste s’enclenche. Si on ose aller vers les autres, si on ose parler une nouvelle langue, tout s’enchaîne. Le pire c’est de s’isoler en se disant que de toutes manières on n’est pas d’ici et qu’on n’en fera jamais parti : dans ce cas-là, on rate un truc.


12 – Qu’est-ce-qui te plaît le plus dans l’expatriation ?


Se découvrir personnellement, apprendre à mieux se connaître. Si on ose, on découvre bien-sûr une nouvelle culture mais on se découvre surtout soi-même. On prend alors le volant de sa vie en main. On s’interroge sur ce qu’on pourrait faire de son expatriation. On développe un projet ou on se forme. Pour moi, l’expatriation est un accélérateur de développement personnel.


13 – Si tu devais quitter l’Angleterre, où irais-tu ?


Mes parents sont portugais alors j’adorerais vivre au Portugal. Je connais le pays mais je n’y ai jamais vécu. C’est donc étrange : je le connais et à la fois je ne le connais pas et je ressens un manque. J’aimerais beaucoup y vivre quelques années, voire vraiment m’y installer. Ou alors j’aimerais retourner à Madrid pour laquelle j’ai vraiment eu un coup de cœur. La culture espagnole se rapproche de la culture portugaise mais selon moi en beaucoup plus pétillante. Les portugais sont un peu plus timides, plus réservés que les espagnols qui sont vraiment lumineux.


14 – As-tu un projet particulier qui t’est venu lors de ton expatriation et que tu aimerais réaliser ou que tu es en train de concrétiser ?


Je vais continuer Expat Heroes car ça m’apporte un enrichissement humain incroyable. Le moindre feedback positif me stimule : j’avais la hantise que ce ne soit pas écouté or c’est écouté et ça continue d’être écouté. Il y a plus de 1000 téléchargements par épisode en moyenne, c’est beaucoup. Je suis ravie mais je n’en vis pas. Même si je monétisais le podcast, avec deux épisodes par moi je ne pourrais pas en vivre. J’ai cherché des sponsors mais ils sont frileux et puis introduire une publicité au début d’un épisode ne représente que 20 à 50 euros.


Je vais donc proposer une formation pour permettre à d’autres de créer leur podcast pas à pas et à distance. Sur le plus long terme, j’adorerais faire de la voix OFF. Je l’ai fait une fois et j’ai adoré.


15 – Comment résumerais-tu ton changement de vie en une phrase ?


Si je n’étais pas partie, je n’aurais pas lancé mon podcast. Il y a toujours un moment dans la vie où on se cherche et je crois que je me suis trouvée. Je sais pourquoi je suis là, je sais quelle est l’étape d’après et je suis très heureuse.


 

Si vous aussi vous êtes expatrié et que vous souhaitez témoigner, n'hésitez pas à me contacter via le formulaire de contact ici-même.

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