Recherche d’emploi et immigration au Mexique: réponses à vos questions.

June 17, 2019

 

Je suis régulièrement contactée par des personnes qui m’interrogent sur mon parcours et sur mes activités au Mexique. Beaucoup sont attirés par l’idée de venir s’installer eux-mêmes au Mexique et se demandent si leur projet est faisable. Les questions les plus récurrentes concernent le visa et la recherche d’emploi, puis on en vient toujours à me demander comment moi j’ai fait. La réponse est toujours compliquée car mon cas ne saurait être généralisé. Chaque personne a un parcours différent, des expériences différentes et des objectifs différents. En outre, le Mexique est un vaste pays et la vie à Playa del Carmen sur la Riviera Maya n’a pas grand-chose à voir avec la vie à Mexico ou à Monterrey.

 

Recevant un certain nombre de requêtes, je répondrai dans cet article aux questions d’ordre général, puis je partagerai mon expérience dans un post ultérieur, qui je tiens à le repréciser, n’engage que moi, et ne s’appliquera pas forcément à un autre francophone expatrié au Mexique.

 

 

Est-il difficile de trouver du travail au Mexique ?

 

Réponse un peu bateau mais c’est pourtant bien le cas : tout dépend du secteur d’activités. Certaines industries sont plus demandeuses que d’autres, ont plus de besoins, et ça dépend aussi de localisation. À titre d’exemple, Monterrey est une ville industrielle qui recrute beaucoup d’ingénieurs et recherche des personnes ayant généralement poursuivis des études de commerce afin de pourvoir des postes de gestion et de direction. C’est aussi un cluster médical mais il est difficile d’obtenir un poste lorsque l’on n’est pas mexicain car notre manque de connaissances vis-à-vis du système de santé mexicain, justement, est remis en cause.

 

 La ville de Monterrey de nuit

 

La région du Bajío où se trouve Queretaro abrite un cluster aéronautique, donc là encore, les ingénieurs sont fortement demandés. En ce qui concerne Mexico, la capitale, je dirais qu’on y trouve de tout : industrie pharmaceutique, sociétés de conseil, de marketing, de communication, de retail, etc…Enfin, il apparaît logique que dans des endroits comme la Riviera Maya ou la côte Pacifique on recrute essentiellement dans le tourisme.

 

À la question, est-ce dur de trouver un travail, je répondrais plutôt qu’il peut se révéler difficile d’obtenir un poste en tant qu’étranger. Comme dans n’importe quel pays, un local sera toujours privilégié, et il est donc nécessaire que l’expatrié représente une vraie valeur ajoutée, possède des connaissances dans un domaine spécifique ou des compétences particulières.

 

Puis-je obtenir un travail en partant comme touriste ?

 

Légalement, non. Le visa de touriste est valable pour une durée de 6 mois et ne permet pas de travailler. À l’issue des 6 mois, il est obligatoire de quitter le territoire. La seule possibilité serait de recevoir une invitation formelle de la part d’une entreprise à travailler pour elle, et donc prête à accompagner le candidat dans les démarches d’obtention du visa. Mais quoiqu’il en soit, le candidat devra ressortir du territoire pour effectuer toutes ces démarches et c’est bien compliqué pour les entreprises.

 

Comment donc faire si je souhaite effectuer des recherches de travail au Mexique ?

 

 

Bien que cela semble ambitieux, le plus logique est de chercher un poste à distance, avant de venir. C’est bien-sûr très compliqué et pourtant, c’est comme ça que ça fonctionne. J’ai été témoin de cas où des entreprises mexicaines proposaient à des étrangers un poste et les soutenaient dans les démarches pour obtenir le visa de travail. C’est possible, ça arrive, bien que cela soit rare. Il me semble nécessaire de préciser que ce sont généralement de grandes entreprises car pour pouvoir inviter un étranger à travailler pour elle, ladite entreprise doit être enregistrée sur le répertoire de l’immigration mexicaine (et cela a un coût) afin de justifier la « nécessité » de faire appel à des étrangers.

 

Est-il plus simple d’être en contrat local ou en contrat expatrié ?

 

Tout dépend de ce que l’on recherche ! Un contrat local est régi par la loi du travail mexicaine. Les salaires sont inférieurs à ceux français et les jours de congés sont moindres. Un contrat expatrié comporte généralement plus de bénéfices et permet d’arriver au Mexique avec plus de sérénité.

 

Combien gagne-t-on en moyenne en contrat local et de combien de jours de congé bénéficions-nous ?

 

Il faut savoir que les salaires au Mexique sont inférieurs à ceux en France. Dans le même temps, le niveau de vie y est également moins élevé. À titre informatif, le salaire moyen mensuel au Mexique est de 6117 pesos soit 284,70€ et le salaire minimum est de 102,68 pesos journaliers qui équivalent à 3080,40 pesos par mois soit 143,35€. Bien qu’il ait augmenté de 16,2% en 2019 (hausse historique pour le Mexique), on peut aisément voir que cela reste très bas. En outre, et c’est plus inquiétant, seulement 5% des travailleurs mexicains gagne plus de 13255 pesos  mensuels soit 616,90€.

 

Répartition salariale en pourcentage des travailleurs mexicains, 1er trimestre 2018

 

Ces résultats sont à relativiser dans la mesure où le Mexique est un vaste pays marqué par de profondes inégalités économiques et sociales. Ces chiffres ne s’appliquent ainsi pas à Monterrey, capitale du Nuevo León, où je réside. Ce sont des études à l’échelle nationale et il va de soi que certaines zones géographiques concentrent les richesses du pays.

 

Bien-sûr, certaines entreprises proposent des salaires plus élevés, selon l’expérience et le profil du candidat. En ce qui concerne les jours de congés, la loi mexicaine en accorde 6 par an à l’issue de la première année de travail, contre 5 semaines en France. Là encore, certaines entreprises offrent plus de jours, mais cela permet tout de même de voir que les conditions ne sont pas les mêmes qu’en France.

 

Si je me mari(e) avec un mexicain(e) pourrais-je travailler ?

 

Ici il faut faire attention. Se marier avec une personne de nationalité mexicaine permet de résider au Mexique (et donc de ne pas avoir à quitter le pays au bout de 6 mois) mais pas de travailler, du moins dans un premier temps. L’accès à l’emploi n’est possible qu’après deux ans de résidence temporaire, à l’issues de laquelle on peut solliciter la résidence permanente. Les termes de l’INM (Instituto Nacional de Migración) sont clairs : vous êtes sous la dépendance de votre conjoint.

 

La seule alternative possible est de souhaiter se mettre à son compte et de facturer ses services (cours, consulting…). Pour éditer des factures, il est nécessaire d’avoir un numéro de « contribuyente » auprès du SAT (le service des impôts mexicains). Il est possible, après avoir obtenu ce numéro, de revenir vers les services de l’immigration et d’obtenir le droit de travailler. C’est bête à dire, mais quand on dit que l’on souhaite payer des impôts, ça marche à tous les coups. Autre possibilité : être invité par une entreprise à travailler pour elle. C’est alors cette dernière qui fera le nécessaire auprès des services de l’immigration afin de vous aider à obtenir le visa de travail.

 

Pour en savoir plus, voir l’article Être marié avec un mexicain ne donne pas le droit à un étranger de travailler.

 

Puis-je monter ma propre entreprise au Mexique ?

 

 

Oui, c’est possible, mais je ne suis sûrement pas la meilleure personne pour donner des informations précises à ce sujet. Ce que je peux en dire, c’est qu’il est en règle générale plus simple de monter sa boîte au Mexique qu’en France. Les démarches administratives sont moins lourdes et du moment que l’on fait les choses dans les règles de l’art (qu’on déclare ses revenus, etc…) il n’y a pas de problème. Je conseille de solliciter les services d’un comptable, et éventuellement d’un avocat, localement, afin de connaître plus précisément les démarches et les contraintes légales qui s’imposent.

 

Dois-je maîtriser l’espagnol pour trouver du travail au Mexique ?

 

Ma réponse est oui. Bien que certaines entreprises travaillent essentiellement en anglais, il est presque tout le temps requis de parler espagnol. En outre, je le conseillerai ne serait-ce que pour pouvoir s’intégrer dans l’équipe et créer des liens avec ses collègues, qui s’ils travaillent peut-être en anglais, échangent entre eux dans leur langue natale.

 

Dois-je parler anglais ?

 

Tout dépend de l’entreprise, du poste, du secteur d’activités mais c’est en règle générale fortement recommandé. La grande majorité des mexicains, en particulier dans le nord du pays proche de la frontière américaine, parle anglais. Cela semble logique lorsque l’on sait que sait que 73% des exportations totales du Mexique sont dirigées vers les Etats-Unis.

 

J’ai entendu dire qu’au Mexique, tout passe par le réseau : est-ce vrai ?

 

Je dirais que oui, dans la grande majorité des cas. Au Mexique, on trouve essentiellement du travail par recommandation. Il est donc important de faire des rencontres, de se faire connaître, de créer du lien, afin que l’on se souvienne de vous. Il est nécessaire d’être proactif et de prendre soin de ses relations, ça prend du temps. Dans certaines villes, tout le monde se connaît et un accroc avec une personne peut avoir de vilaines répercussions.

 

Pour aller plus loin, voir l’article Les relations sociales au Mexique.

 

Est-il requis d’avoir un Master ?

 

 

Non pas forcément : tout dépend du poste visé. Beaucoup d’employés sont détenteurs d’un Bachelor, qui correspond à une licence en France mais s’étudie sur 5 ans. Quoiqu’il en soit, le Master est nécessaire pour les postes de gestion et de direction. Erreur courante : avoir un Master ne permet pas forcément d’avoir un salaire plus élevé. Tout dépend de l’expérience professionnelle du candidat.

 

Les ressources humaines fonctionnent-elles de la même manière au Mexique et en France ?

 

C’est une question difficile car chaque entreprise a son propre processus de recrutement mais je note des différences. Il ne faut par exemple pas être surpris de faire face à des questions personnelles, relevant de la vie privée, dans un entretien d’embauche. Un recruteur au Mexique n’hésitera pas à vous demander si vous êtes marié, si vous avez des enfants, que font vos parents, où vivent-ils, etc…ça n’a rien à voir avec le job et pourtant…c’est une pratique courante au Mexique. Il en va de même en affaires où des négociations ne seront jamais entamées avant d’avoir fait véritablement connaissance.

 

Pour en savoir plus : voir les articles (en anglais) Going through job interviews in Mexico et Facing Human Resources in Mexico.

 

Quel est le rythme de travail au Mexique ?

 

Question là encore difficile. Tout dépend du secteur d’activité, du niveau de responsabilités du poste, de la culture de l’entreprise…En règle générale, les Mexicains ont de longues journées : il est assez naturel d’arriver au bureau à 8h et de ne pas en partir avant 20h, ce qui ne veut néanmoins pas dire que la productivité est à son maximum tout au long de la journée. Il y a en effet des personnes qui ont des journées intenses et d’autres, qui s’ils passent beaucoup de temps au travail, s’octroient un certain nombre de pauses. C’est très variable. Petite précision : certains employés restent tard au bureau car c’est « bien vu ».

 

Quelles sont les avantages sociaux en tant qu’employé au Mexique ?

 

Réponse simple : il y en a très peu. Les employés sont inscrits à l’IMSS, le système de sécurité sociale mexicaine, mais les conditions de soins dans les hôpitaux publics ne sont pas aussi optimales qu’en France. En outre, le système des retraites est clairement mis à mal et celui qui n’épargne pas personnellement risque fort d’être en grande difficulté plus tard. Certaines entreprises privées proposent à leurs employés une assurance vie ainsi qu’une assurance de santé privée, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on connaît leurs coûts respectifs.

 

Pour en savoir plus, voir Le système médical au Mexique.

 

Les femmes souffrent-elles d’inégalités sur leur lieu de travail ?

 

 

Oui, comme dans tous les pays j’ai envie de dire. Oubliez l’égalité salariale et les opportunités égales d’évolution professionnelle. Même si de plus en plus de femmes travaillent au Mexique elles restent une minorité et beaucoup de recruteurs craignent qu’elles ne souhaitent arrêter de travailler à l’arrivée du premier enfant. Le fait est qu’il n’y a pas beaucoup de facilités pour les mères en termes de mode de garde, etc…On pourrait écrire des pages et des pages sur ce thème mais la réponse est que les femmes ne sont clairement pas favorisées sur leur lieu de travail. Il y a encore du chemin à parcourir. À titre informatif, en 2017, le Mexique enregistrait une proportion de 36,6% de femmes exerçant une activité rémunérée contre 67% en France.

 

Pour en savoir plus, voir l’article Être une femme en France et au Mexique.

 

 

Voici donc un certain nombre d’informations qui devraient vous aider à y voir plus clair et vous aider dans la définition de votre éventuel projet d’installation au Mexique. Si vous avez d’autres questions, plutôt que de me contacter via le formulaire de contact de la page, je vous encourage à les écrire en commentaire ci-dessous. D’une part, je n’y manquerais pas d’y répondre et d’autre part, ça servira à toute la communauté.

 

En attendant, vous trouverez également d’autres précisions dans les deux articles suivants : La vie professionnelle au Mexique et Vit-on plus facilement au Mexique qu’en France ?

 

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A propos

Tout a commencé par un semestre d’étude…cela s’est terminé en déménagement. Moi c’est Hélène, et je me suis installée au Mexique en Juillet 2016, époque à laquelle j’ai débuté le blog. A French in Mexico, c’est l’histoire d’une française (moi) qui vit au Mexique et qui écrit plein de choses sur le voyage et la vie à l’étranger. Je partage ma découverte du pays et de sa culture, mais aussi mon expérience sur la vie d’expatriée, sa richesse, ses challenges et ses difficultés.

Plus d’informations sur mon parcours, ainsi que mes coordonnées de contact, sont disponibles dans la rubrique « A propos ». Bonne lecture à tous!

 

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