La Baja California Sur : mon petit coin de paradis au Mexique.

July 23, 2018

 

 

A la fin du mois de janvier dernier, Andy et moi nous sommes échappés le temps d’un week-end en Basse Californie du Sud. C’était son cadeau de noël, époque à laquelle j’ai quitté le poste que j’avais contracté en contrat local.

La Baja California en bref

 

 

La Baja California est une région méconnue des européens qui associent généralement le Mexique à la Riviera Maya, le Yucatan, et éventuellement le Chiapas et Oaxaca. Elle est en revanche plus fréquentée par les américains. Avez-vous vu le premier film Sex & the City ? Carry avait planifié sa lune de miel avec M. Big en Baja California (excusez-moi pour la référence…si la série est une véritable pépite, les films se sont révélés être des navets, non ?)

 

La Baja California est divisée en deux Etats : la Baja California Norte, connue pour Ensenada et sa région viticole, et la Baja California Sur, réputée pour la richesse de sa faune marine, en particulier dans la Mer de Cortez, et ses stations balnéaires. Contrairement à d’autres régions du Mexique, la Baja California abrite une nature sauvage préservée et l’explorateur Jacques-Yves Cousteau désignait ses fonds marins comme « le plus grand aquarium du monde ».

 

Si le mois de janvier n’est pas le plus recommandé pour faire du snorkeling (l’eau est plutôt froide et agitée), c’est la période idéale pour observer les baleines, période qui s’étend de novembre à février inclus. Elles descendent en effet des eaux d’Alaska, et plus particulièrement du détroit de Béring, et parcourent plus de 10 000 kilomètres afin de s’accoupler et de mettre au monde leurs baleineaux dans les eaux plus chaudes du Pacifique. Andy et moi ayant l’envie commune d’aller à la rencontre des baleines depuis un certain temps, je n’ai donc pas hésité lorsque je suis tombée sur des billets d’avion en promotion au mois de décembre.

La mauvaise route et une bonne frayeur

 

A notre arrivée à l’aéroport de San José del Cabo le vendredi après-midi, nous avons loué une voiture afin de nous rendre dans la réserve naturelle de Cabo Pulmo. Alors que j’avais repéré un itinéraire pour rejoindre notre hôtel, la personne qui nous a remis notre véhicule m’a indiqué que ce serait une erreur de prendre la route que j’avais choisi et nous en a recommandé une autre. Lorsque je lui ai fait remarquer que cela nous rallongeait grandement le chemin, il a insisté en me disant que l’autre route était quasiment impraticable car non-goudronnée. Ayant loué une petite Nissan March, nous avons décidé de lui faire confiance mais quelle ne fût pas notre erreur !

 

Sur la route, en plein désert, nous avons croisé des chevaux sauvages avec pour toile de fond le soleil qui s’effondrait à l’horizon, mais nous ne sommes parvenus au nord de la réserve qu’à la nuit tombée, ce qui était complètement illogique notre hôtel étant au sud, et nous avons dû parcourir toute la réserve dans l’obscurité. La route n’était pas plus goudronnée que celle que nous avions envisagé de prendre initialement et nous avons clairement eu l’impression de nous être fait jouer un mauvais tour. Il nous a finalement apparu évident que la personne qui nous avait envoyé ici n’avait aucune réelle idée de l’itinéraire à prendre et que dans ce cas-là, elle aurait mieux fait de se taire. Si nous sentions l’océan à notre gauche, nous ne pouvions l’apercevoir car la nuit était trop profonde et malgré la beauté du ciel étoilé, nous n’étions pas franchement rassurés.

 

Après avoir dépassé un petit restaurant et quelques camping-cars, nous nous sommes retrouvés seuls au cœur de la réserve, sans réseau avec pour seule ligne directrice, une bande de terre. Nous roulions à 5km/heure n’ayant pas le véhicule adapté et nous avons dû attendre que des vaches postées en plein milieu daignent se lever pour nous laisser passer. Mais ceci n’est rien comparé à l’expérience que nous avons vécu après. A un moment, nous avons dépassé un vieux pick-up garé sur le bas-côté, un peu en retrait sous un arbre. Le véhicule semblait de prime abord vide. Mais soudainement, nous avons été éblouis par la lumière de phares dans le rétroviseur, lumières qui n’étaient autre que celles du pick-up. Le véhicule a commencé à nous suivre et nous collait de très près. Nous attendions qu’il nous double mais il n’en faisait rien. Il restait simplement cramponné à notre arrière-train. Ceci est concrètement le moment où je commence à me dire que mon âme un brin aventureuse va me coûter très cher, qu’on m’a répété un million de fois que le Mexique est dangereux et que je vais désormais en faire les frais. Dans le même temps, lorsque nous sommes entrés dans la réserve, nous n’avions pas d’autres alternative : la nuit était tombée et il nous fallait parvenir à notre hôtel. La voiture nous a suivi durant un certain temps et Andy et moi ne prononcions pas un mot : réflexe mutuel pour ne pas affoler l’autre. Intérieurement, je m’imaginais déjà arracher les yeux et mordre jusqu’au sang le cou de notre potentiel ravisseur : c’est incroyable comme la peur active soudain l’imaginaire. Brusquement, le pick-up a fait une embardée sur la gauche et nous a doublé en trombe, laissant derrière lui un nuage de poussière. Nous ne l’avons plus revu mais nous n’étions pas pour autant soulagé. De qui s’agissait-il ? Pourquoi nous avait-il suivi ainsi ? L’hypothèse la plus probable était que c’était quelqu’un en charge de surveiller la réserve. Il appartenant sans doute à un réseau de trafic quelconque et avait à charge de s’assurer que personne ne viendrait semer le trouble dans leurs affaires. S’apercevant que nous n’étions qu’un malheureux couple à bord d’une Nissan March ridicule, il a finalement passé son chemin.

 

Nous sommes parvenus au bout de nos peines après deux heures de route au travers de la réserve. Quel ne fût pas notre soulagement en voyant la pancarte : « Villa del Faro ».

 

 

Bien-sûr, nous n’avions pas pu informer l’hôtel de notre retard n’ayant tout simplement pas de réseau. La porte du hall était ouverte, et de toute manière tout était plus ou moins ouvert car il s’agissait d’un petit hôtel-boutique avec un grand nombre de parties à l’air libre. Une sonnette était posée sur la table de l’entrée et Marylin, l’une des hôtes, est venue à notre rencontre. Elle était très inquiète pour nous. Elle nous a conduit à notre petite villa à travers le jardin éclairé par la lune et nous avons enfin pu nous détendre. Avec une bière fraîche, le feu de cheminée et le bruit de l’océan en arrière-fond, tout est finalement rentré dans l’ordre.

 

L'atmosphère chaleureuse de la chambre à notre arrivée

 

Cabo Pulmo: un paradis terrestre.

 

Nous avons séjourné deux nuits à la Villa del Faro, un petit hôtel divisé en « casitas » disséminées dans un jardin luxuriant, face à l’océan et avec un accès direct à la plage en contrebas. L’intérêt de Cabo Pulmo réside dans sa position géographique, en retrait de la zone touristique de Los Cabos, et qui donne la sensation d’être coupé du monde. Les pêcheurs de la réserve se sont violemment opposés au tourisme de masse qui aurait des conséquences dramatiques sur la faune et la flore de la réserve. Il n’y a donc que deux petits hôtels à l’entrée de Cabo Pulmo, approvisionnés en énergie solaire, ainsi qu’un camping à l’intérieur. On vient à Cabo Pulmo pour le snorkeling (annulé dans notre cas pour cause de mer agitée) et pour déconnecter. La plage sauvage est vide de gens et il y règne un calme absolu, seulement perturbé par les disputes des colibris. Chance inouïe : de la terrasse de notre « casita », nous avons assisté à l’aube au passage d’un groupe de baleines.

 

 Lever de soleil sur l'océan

La Casa Azul: notre hébergement découvert au petit matin...

 

Bien que l’hôtel soit très agréable et que je le recommande, le dîner proposé est coûteux (45 USD/personne) et n’en vaut pas la peine. J’ai trouvé la nourriture très américanisée (poisson pané et choux de Bruxelles…) et pour cause, l’hôtel est tenu par une famille californienne. Il est donc nécessaire de s’approvisionner en arrivant à San José et de cuisiner dans sa « casita ». Le bar est également coûteux : mieux vaut donc faire ses propres réserves. En revanche le petit-déjeuner est riche et très frais avec au choix : plateau de fruits, chilaquiles, œufs, pancakes…

 

 

A la rencontre des baleines

 

 

Le dimanche, nous avons repris la route (la bonne cette fois !) en direction de Cabo San Lucas au sud. Le chemin n’était en effet pas bétonné mais c’était un pur bonheur car il longeait l’océan. En environ deux heures, nous sommes parvenues à la marina de Cabo San Lucas où se trouve Whale Watch Cabo, l’organisme avec qui nous avions réservé notre excursion. L’expérience s’est révélée magique et j’irais même à dire que ce fût l’un des moments les plus forts de toute ma vie.

 

Nous sommes partis en mer avec un autre couple et accompagné d’une guide biologiste marine. Durant deux heure et demi, elle nous a parlé des baleines à bosse (les fameuses humpback whales) et c’était passionnant. C’est le moment où je me dis : « Tiens, j’aurais peut-être dû faire des études de biologie marine. » Nous sommes passés par le fameux « Arco » qui abrite une colonie de lions de mer et qui sépare la mer de Cortez de l’océan Pacifique.

 

 

De là, direction l’océan à la recherche des baleines. Partir à leur rencontre, c’est pénétrer dans leur habitat naturel et à cet égard tous ne respectent pas ce principe. Certains bateaux s’approchent trop près, les encerclent et bien-sûr les stressent…Whale Watch Cabo agit différemment : témoin d’une telle scène, notre pilote nous a emmené plus loin. La guide nous a expliqué que ce n’était bien-sûr pas éthique et qu’il y avait d’autres endroits où nous pourrions en voir plus tranquillement. Et…la magie a opéré. Nous en avons en effet rencontré plusieurs, notamment deux mâles en train de courtiser une femelle, ainsi que des dauphins. Je n’ai pas de mots pour décrire la force de ce que j’ai vécu : être si proche de cet animal géant (13 à 14 mètres de longueur pour 25 tonnes) qui passe sous le bateau, c’est ineffable. Nous avons également pu écouter leur « chant » grâce à un hydrophone. A savoir que l’unique véritable prédateur des baleines est l’orque qui attaque en groupe. 

 

 

Je n’avais aucune envie de regagner le port mais toutes les bonnes choses ont une fin. Cabo San Lucas étant très touristique et plutôt animée, nous avons repris la route en direction de San José (comptez une trentaine de minutes) qui est plus calme et située à proximité de l’aéroport, donc pratique pour le retour le lendemain.

Parenthèse enchantée à San José del Cabo

 

 

Nous avons donc séjourné la dernière nuit à l’hôtel El Ganzo, un établissement situé dans une petite marina et disposant d’une plage privée ainsi que d’une terrasse sur le toit avec piscine et jacuzzi. L’originalité de l’hôtel repose sur ses résidences d’artistes : des peintres ainsi que des musiciens occupent régulièrement le lieu qui dispose d’un studio d’enregistrement en sous-sol. Pour l’anecdote, Natalia Lafourcade est passée par là. Ce n’est pas le type d’hébergement qu’Andy et moi avons l’habitude de fréquenter mais j’avais trouvé une promotion sur Booking alors nous nous sommes fait plaisir : bien que janvier soit le moment idéal pour observer les baleines, c’est considéré comme la basse-saison.

 

 

Pour aller plus loin

 

La Baja California Sur mérite qu’on s’y attarde, or nous n’avions qu’un week-end à lui accorder. Nous comptons y retourner et j’ai eu l’opportunité d’échanger avec des mexicains amoureux de la région qui m’ont entre autres aiguillé sur les activités à y faire. Je me suis ainsi glissée dans la peau d’agent de voyage et élaboré le tour suivant, que je propose sur la plateforme UnicTour. Il s’agit d’un voyage entre mer et désert au départ de La Paz, incluant une escale dans l’île Espirito Santo et le pueblo mágico Todos Santos, connu pour son hôtel Califonia où The Eagles séjournèrent dans les années 70 et dont le tube Hotel California a fait la renommée. Au programme : promenade à cheval et/ou en quad, visite de galeries d’art, snorkeling et nage avec les requin-baleines.

 

Je pense que vous l’aurez compris, j’ai eu un coup de foudre pour la Baja California Sur, et entre nous, la Basse-Californie et moi, ce n’est que le début d’une histoire d’amour. La vidéo de mon séjour sera disponible prochainement.

 

 

 

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A propos

Tout a commencé par un semestre d’étude…cela s’est terminé en déménagement. Moi c’est Hélène, et je me suis installée au Mexique en Juillet 2016, époque à laquelle j’ai débuté le blog. A French in Mexico, c’est l’histoire d’une française (moi) qui vit au Mexique et qui écrit plein de choses sur le voyage et la vie à l’étranger. Je partage ma découverte du pays et de sa culture, mais aussi mon expérience sur la vie d’expatriée, sa richesse, ses challenges et ses difficultés.

Plus d’informations sur mon parcours, ainsi que mes coordonnées de contact, sont disponibles dans la rubrique « A propos ». Bonne lecture à tous!

 

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