Week-end à Real de Catorce

May 18, 2018

 

Il y a une semaine, j’ai passé un week-end à Real de Catorce avec Andy et un couple d’amis, couple mixte comme nous, non pas franco-mexicain mais germano-mexicain, vivant en Allemagne près de Düsseldorf. J’ai beaucoup apprécié voyager avec eux car je me suis rendu compte qu’ils partagent la même situation qu’Andy et moi-même, les mêmes difficultés, les mêmes dissensions, et ce fût finalement libérateur de pouvoir aborder certaines questions ensemble. En écoutant le point de vue de chacun, on obtient d’autres perspectives et cela permet parfois de voir les choses sous un autre angle. En l’espace de deux jours, on a dû aborder tous les sujets relatifs au couple mixte : langue, différences culturelles, relation avec les belles-familles, situations professionnelles (de celui expatrié et de celui qui le sera peut-être aussi en cas de déménagement), visa, projets d’avenir, etc…Et nous avons échangé autour de ces thèmes et partagé de vrais moments privilégiés dans un cadre presque surréaliste, coupés du monde.

 

 

Real de Catorce est une une ancienne ville minière située à environ 2500 mètres au-dessus du niveau de la mer dans l’Etat de San Luis Potosi, à environ quatre heures de route de Monterrey. De 1772 à la guerre d’Indépendance en 1810, on y a extrait de l’argent. Désormais plus en activité, le lieu s’apparente à un village fantôme (les gens parlent à cet égard de « pueblo fantsama ») et semble avoir été figé dans le temps. Rien ne semble avoir vraiment évolué au fil des années : le confort des maisons est très rudimentaire et cette vie rurale rappelle celle d’il y a un siècle. Real de Catorce vit principalement de sa vente de quartz et d’artisanat, de son tourisme le week-end et d’une modeste agriculture. Anecdote, mais pas des moindres, le village fût le lieu de tournage du Mexicain, film réalisé par Gore Verbinski avec Brad Pitt et Julia Roberts. Le village est inscrit depuis 2001 sur la liste officielle des « pueblos mágicos » qui sont les villages répondant à une liste de critères définis par la Secretaría de Turismo.

 

 

Que faire à Real de Catorce ?

 

Effectuer la randonnée jusqu’au « pueblo fantasma »

 

Nous ne l’avons pas faite mais ce n’est que partie remise. Nous n’étions pas équipés et nous ne souhaitions pas non plus y aller à cheval car je suis contre l’usage d’animaux à but touristique (article à ce sujet très prochainement). En outre si les nuits étaient très fraîches, le soleil tapait dans la journée (il a bien fallu que j’attrape un coup de soleil après 10 minutes de marche dans le village). Andy et moi sommes plutôt toujours partants pour bouger mais nous revenions d’une semaine à Mexico pour le travail et nous avions plutôt envie de prendre notre temps.

 

Le « pueblo fantasma » est une partie du village en hauteur où tous les bâtiments sont en ruine et où il n’y a pas âme qui vive. Sa position permet d’avoir un beau point de vue sur la vallée.

 

Plus loin encore et où il serait trop long d’accéder à pieds, se dresse le Cerro del Quemado qui est considéré comme une zone sacrée par les Huicholes. C’est désertique et on y trouve le fameux peyote, un type de cactus connu pour ses propriétés hallucinogènes.

 

Admirer la Parroquia de la Purísima Concepción

 

Elle donne sur une petite place pavée : ses murs et son plafond colorés ainsi que son sol en bois sont impressionnants. Petit détail : les statues dans les églises mexicaines sont toujours peintes et donc en version couleur.

 

Faire la visite de la Casa Cultura face à l’église

 

 

Face à l’église, se trouve un bâtiment colonial, ancienne « Casa de la Moneda », qui abrite un musée où l’on trouve une exposition de peinture moderne, une exposition sur la monnaie mexicaine et sa fabrication, des photos d’époque en noir et blanc du temps où la mine était active et surtout une visite retraçant l’histoire du peyote.

 

Le peyote est un type de cactus présent dans la région qui était originellement utilisé par les Huicholes, peuple indigène vivant dans la Sierra Madre orientale, principalement dans les Etats de Jalisco, Zacatecas et Durango. Le mot « Huichol » est utilisé pour les désigner en espagnol mais leur véritable nom est en réalité « Wixarika ». Le peyote était, et est encore utilisé, par cette tribu lors de cérémonies sacrées. La plante contient différents alcaloïdes dont la mescaline qui possède des propriétés enthéogènes, les enthéogènes étant des substances psychotropes induisant un état modifié de conscience et utilisés à des fins religieuses, spirituelles et chamaniques. Ses boutons peuvent être ingérés crus ou en infusion, mais aussi séchés ou fumés. En 1591, les espagnols prohibèrent son usage qu’ils assimilaient à un acte de superstition. Le fait est que dans la tribu Huichol, le peyote est toujours consommé en groupe, lors de cérémonies, et a pour fonction de communier avec les Dieux : sa fonction est donc sacrée, et aussi à certains égards thérapeutique (traitement des piqûres de vipères par exemple).

 

 

L’exposition propose aussi des textiles Huichol avec les fameux motifs de cerf qui font partie de la trinité peyote-cerf-maïs. Selon les croyances des Wixarika, peuple à la fois chasseur et agriculteur, le peyote naquit de la chute des cornes du Dieu-cerf (Paritzika) qui naquit lui-même dans le bol sacré du maïs.

Il est triste de constater à quel point les natifs du Mexique (peuples indigènes présents avant la colonisation espagnole et française) ont été brimés et le sont encore aujourd’hui. Le gouvernement mexicain les ignore, ou pire les met au banc de la société, sous un prétexte de supériorité. Ce thème fera l’objet d’un de mes prochains articles.

 

Visiter l’hôtel où a résidé l’équipe de tournage du Mexicain

 

 

On a voulu voir et honnêtement…l’hôtel n’a rien de particulier. Je dirais même qu’il est moins joli que beaucoup d’autres. C’était plutôt sombre, pas franchement entretenu…En définitive, c’est un hôtel comme tous les autres et ce fût sûrement le fruit d’un hasard qui conduisit l’équipe du Mexicain à y séjourner.

 

Faire les petites boutiques d’artisanat

 

 

Real de Catorce regorge de boutiques d’artisanat et d’étals de vente dans la rue. On y trouve des sacs à dos en cuir, des bijoux en argent, des ponchos mais aussi et surtout des bijoux Huichol en perles et des pierres de toute sorte : agate, citrine, améthyste, lapis-lazuli, jade…J’ai essayé d’en savoir plus sur l’origine de ces pierres, d’où elles venaient, et l’on m’a assuré qu’elles étaient extraites dans les environs. On ne peut jamais connaître la provenance exacte de l’artisanat et le Mexique souffre d’une importation massive d’objets chinois présentés comme de l’artisanat mexicain, ce qui est honteux. J’ai vraiment trouvé de jolies pierres et même si je ne crois pas à leurs vertus, je me suis tout de même laissé porter par le discours de la femme qui m’en a vendu une : il paraît donc que ma citrine me protège contre les maladies.

 

Déguster des tacos dans la rue

 

 

Il y a plusieurs petits stands de « street food » à Real de Catorce comme partout au Mexique. La nourriture n’y est pas chère et généralement bonne. Cela dit, il me semble que mes tacos de chicharrón (préparation à base de couenne de porc donc très grasse) ne soient pas très bien passés : j’ai été malade toute la nuit.

 

Dîner au Mesón de la Abundancia

 

C’est un hôtel-restaurant très agréable et c’est surtout le principal du village. C’est évidemment plus cher que dans la rue mais cela reste très accessible. Nous en avons eu pour moins de 10€/personne et c’est très copieux. Ils proposent des spécialités typiquement mexicaines mais aussi des pâtes et des pizzas maison : tout est bon.

 

Visiter le cimetière et sa chapelle

 

 

Il est relativement petit mais j’ai beaucoup apprécié son aspect si « mexicain » : pas d’allées bien définies (on marche presque sur les morts), des fleurs de toutes les couleurs, une chapelle aux couleurs passées…c’est plein de charme.

 

 

 

Conclusion : pourquoi aller à Real de Catorce ?

 

 

Pour se reposer et déconnecter

 

 

Real de Catorce est comme coupé du monde. C’est bien simple, pour accéder au village il vous faudra traverser un tunnel de 2 km (le tunnel Ogarrio), ancienne galerie de la mine. Le week-end c’est plutôt fréquenté alors je conseille d’y aller en semaine si vous en avez la possibilité. Mais attention, en semaine, le village semble vraiment vide et l’atmosphère devient inquiétante à la nuit tombée : on entend juste les aboiements des chiens. Cela dit vous avez une expérience « pueblo fantasma » assurée.

 

Pour acheter de jolies pierres et de l’artisanat

 

A Real de Catorce on se fait plaisir en s’achetant de jolies choses à des prix très abordables.

 

Pour bien manger

 

Là encore les prix sont très bas et la nourriture est bonne.

 

 

Je ne recommande pas l’hôtel Amor y Paz où nous sommes restés. Bien que très joli avec ses deux fontaines, ses patios et sa terrasse sur le toit, toutes les chambres ne disposaient pas de cheminée et les chauffages au gaz fournis à la demande ne fonctionnaient pas : la flamme s’arrêtait au bout de cinq à dix minutes alors que le gaz était toujours ouvert…J’ai signalé le problème après la première nuit et l’on m’a informé que les chauffages allaient être changés or ça n’a pas été le cas.

 

De plus, nous avions interdiction de consommer des boissons ou de la nourriture au sein de l’hôtel. Dans le même temps, comme nous étions en semaine le bar était fermé. Au final, on s’est bien bu notre bouteille de vin mais cela nous a semblé franchement restrictif. Enfin, le petit-déjeuner est très moyen.

 

En défintive, Real de Catorce est un village qui fait voyager dans le temps avec un dépaysement garanti.

 

 

Pour plus de pueblos mágicos, voir Parras, Santiago, Peña de Bernal, San Miguel de Allende, Tlaquepaque, IzamalValladolid et Tulum

 

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A propos

Tout a commencé par un semestre d’étude…cela s’est terminé en déménagement. Moi c’est Hélène, et je me suis installée au Mexique en Juillet 2016, époque à laquelle j’ai débuté le blog. A French in Mexico, c’est l’histoire d’une française (moi) qui vit au Mexique et qui écrit plein de choses sur le voyage et la vie à l’étranger. Je partage ma découverte du pays et de sa culture, mais aussi mon expérience sur la vie d’expatriée, sa richesse, ses challenges et ses difficultés.

Plus d’informations sur mon parcours, ainsi que mes coordonnées de contact, sont disponibles dans la rubrique « A propos ». Bonne lecture à tous!

 

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