Chronique d'un mariage mexicain / #4 En définitive, ce que ça a donné…

March 31, 2018

Il y a un an, j’ai épousé un mexicain dans la ville de Monterrey, capitale de l’Etat de Nuevo León dont il est originaire. Demain, nous célébrerons notre premier anniversaire de mariage mexicain (et oui, il y en a aussi un autre français) : c’est donc pour moi l’occasion de revenir sur l’événement qui sans nul doute parlera à d’autres couples mixtes. Comme je l’ai mentionné dans mon post « Couple mixte : quelle langue ? », les couples mixtes font face à de fortes différences de toute sorte qu’elles soient culturelles, religieuses, langagières, gastronomiques…L’organisation d’un mariage n’y coupe pas ! Pus que ça, le mariage concentre toutes ces différences et cela peut dans certains cas se transformer en un véritable parcours du combattant. Ne cherchant pas à généraliser ce qui ne peut l’être, j’ai décidé de partager mon expérience très personnelle sur le sujet et les challenges auquel mon couple a dû faire face durant les mois d’organisation du jour J.

 

Cet article est consacré à la fête de mon mariage et fait suite aux épisodes suivants:

 

1 – Les démarches civiles

 

2 – Les démarches religieuses

 

3 – L’organisation de la fête : entre traditions françaises et mexicaines.

 

 

Mais alors, qu’a donné mon mariage ? Au risque d’en décevoir certains et de faire tomber les paillettes, non cela n’a pas été un conte de fées. Je pourrais écrire, pour la joliesse de l’article, que tout fût merveilleux et que nous avons surmonté toutes nos différences sans aucun heurt mais ce serait mentir. Selon moi, un blog se doit d’être authentique, et mon objectif n’est pas de vendre des histoires édulcorées. Voici donc mon sentiment sur la soirée…

 

Les hics

 

  • Il y avait, selon mes critères, trop de gens. Au vu des standards mexicains, 170 personnes représentaient bien peu mais pour moi c’était définitivement « envahissant ».

  • La famille est arrivée relativement en retard et nous avons donc dû expédier les photos « de famille ».

  • La juez est également arrivée en retard, très en retard. Nous avons donc contracté le groupe de jazz qui devait accompagner le dîner pour rien, car suite à la cérémonie qui a commencé 1h30 après l’heure initialement prévue, ils ont dû partir pour couvrir un autre évènement. A cet égard, les retards sont très courants au Mexique, aspect que j’ai encore des difficultés à gérer.

  • La personne en charge des menus à mettre sur les tables les avait oubliés.

  • Les tables n’avaient pas pu être disposées comme je l’avais défini sur mon plan et personne n’avait jugé bon de m’en aviser pour que je fasse moi-même les rectifications.

  • Le DJ qui nous avait été recommandé n’a jamais voulu passer les chansons que je lui avais transmises. Il a même eu le culot de me dire que mes playlists étaient « ennuyeuses ». C’est finalement un cousin d’Andy qui est venu à mon secours et qui a recadré les choses. Après cette malheureuse expérience, nous avons résolu la question de la musique pour la France : pas de DJ !

  • Par ailleurs, les toilettes qui m’étaient réservées ont été envahies par un grand nombre d’invitées et personne n’eut l’idée de me laisser passer pour ajuster ma robe en privé. Je me suis retrouvée avec la belle-mère d’Andy dans les escaliers sans aucune inimité et je me dis encore aujourd’hui que toutes ces bonnes femmes mexicaines que je ne connaissais pas ne manquaient pas de toupet. Visiblement, elles n’avaient aucune notion de l’espace personnel…

  • J’ai redemandé une part du gâteau de mariage et l’on m’a répondu que tout avait été mangé ce qui m’a quand même paru grandement étrange.

  • Enfin, lorsque j’ai demandé un carajillo (café glacé accompagné de liqueur 43) n'ayant presque rien bu de la soirée, le serveur m’a répondu qu’il n’y en n’avait plus. C’est à cet instant que ma sœur et témoin est venue à mon secours en lui disant qu’il valait mieux pour lui qu’il en trouve un très vite. Miraculeusement j’ai obtenu mon carajillo dans les 5 minutes qui ont suivies.

 

Les plus

 

- Le décor était sublime avec les structures végétales, les fleurs exotiques et les guirlandes de lumière à la tombée de la nuit. La vue sur la ville de la terrasse était également magnifique.

 

 

- Le « wedding cake » était vraiment bon avec son pain de coco et sa garniture de maracuya (fruit de la passion).

 

 

- Mes deux petites sœurs étaient à mes côtés, ainsi que mes parents.

 

 

- Il y avait une très bonne ambiance et tout le monde en a vraiment profité. Nous avons reçu dans les jours suivants des appels de personnes qui nous ont dit que le mariage avait été sensationnel, le meilleur auquel ils avaient été conviés.

 

 

- Le photographe, Jonathan Beiko, a été sensationnel : je pense que les photos le démontrent aisément. En outre, après le mariage nous sommes allés faire une session photos avec lui dans le village d’Arteaga dans l’Etat de Coahuila.

 

- J’ai dansé comme une folle jusqu’au bout de la nuit parce-qu’en définitive c’était le moment ou jamais d’en profiter. Et puis il y a un truc qu'on fait très bien au Mexique, c'est danser! Vous ne verrez jamais des mexicains tous assis à un mariage. 

 

 

Conclusion

 

Organiser ce mariage s’est révélé être quelque de compliqué et la soirée ne fût pas exactement ce que j’imaginais. Ce que je n’ai pas spécifié dans le développement de l’article, c’est qu’Andy et moi avions déjà signé les papiers de manière à ce que je puisse résider légalement au Mexique car je n’avais pas trouvé d’entreprise disposée à me recruter et donc à me soutenir dans les démarches de visa. Néanmoins j’avais beaucoup souffert de cette situation car au moment de la signature aucun de mes proches n’étaient auprès de moi alors qu’Andy avait tous les siens. En réalité, beaucoup n’ont pas su que j’avais signé avant car c’est une date que je préfère tout simplement oublier. Pour nous, notre vrai et unique mariage civil est le 1er avril comme cela avait été initialement planifié. A cet égard, il fût très aimable que la juez proposa de revenir bien qu’elle fût très en retard.

 

 

Après des mois de préparation éprouvants, dû en particulier à mon nouveau changement de vie avec mon emménagement au Mexique et les difficultés à trouver un travail stable et concret, la soirée fût également éprouvante et m’a laissé des sentiments mitigés. Finalement, j’ai pleuré avant la fin et je me suis disputée avec l’homme devenu mon mari.

 

Andy ne voulait pas qu’on attende longtemps pour se marier contrairement à moi qui pensait qu’il était d’abord nécessaire que je prenne mes marques au Mexique. Déjà alors nous avions des perspectives différentes…Pour moi, il était important que nous signions de façon confidentielle, sans aucun invité, afin que je puisse résider légalement au Mexique mais la célébration, la fête à proprement parler, n’était pas ma priorité.

 

Bien que la soirée fût un véritable succès et que nous n’ayons reçu que des retours positifs, j’en garde encore, un an après, des souvenirs douloureux. Je ne peux nier que le lieu était magnifique et que j’avais auprès de moi des personnes auxquelles je suis très attachée, mais ce n’était pas ce que j’avais voulu au fond de moi. Quand je rêvais d’un mariage bohème à deux dans un coin perdu et d’un voyage, Andy souhaitait une vraie fête à la mexicaine avec la famille et la troupe d’amis. Mon amour pour lui m’a fait céder et j’avoue m’être finalement moi-même prêtée au jeu. J’ai activement participé aux préparatifs, choisi le gâteau, les fleurs, etc…Et en définitive, je pense que je me suis perdue en chemin, en m’éloignant malgré moi de mes idéaux.

 

Le fait est que dans un couple on est deux. Deux individus avec des identités et des personnalités différentes. Deux individus avec des désirs différents. Cela fait beaucoup de différences. Mais comme si ce n’était pas suffisant, un couple mixte doit faire face à encore d’autres différences. Nous n’avons pas les mêmes cultures, les mêmes traditions, les mêmes habitudes, les mêmes schémas et nos conceptions ainsi que nos aspirations sont donc divergentes. Il faut alors trouver le point d’accord, la jonction entre deux univers radicalement opposés pour faire en sorte que ça marche. On en parle, on s’oppose, on se dispute, on fait des concessions, on apprend de l’autre et le résultat n’est jamais parfait. Mais qui voudrait de la perfection ? Je reconnais avoir une tendance perfectionniste. Je suis exigeante avec moi-même et par extension avec les autres. Mais j’apprends aux côtés d’Andy et au travers de ma vie au Mexique que j’ai encore un long chemin à parcourir pour accepter que tout ne soit pas parfait. En outre, mon image de la perfection n’est pas celle des autres. En fonction de nos critères, on a tous une idée différente de la perfection.

 

En définitive, Andy a réellement apprécié la fête et bien que j’en ai conservé certaines amertumes, cette soirée aura été ce qu’elle a été. Ni plus ni moins. Je pense que les photos reflètent quelque chose de très positif quoiqu’il en soit. Au fond de moi je n’ai pas perdu de vue que le mariage ne se limite pas à un jour et à une fête. C’est quelque chose de bien plus profond, un engagement pour la vie, et dans le tourbillon du moment on a tendance à l’oublier. Je m’étais réellement appliquée à rédiger mes vœux qui venaient du fond de mon cœur et j’ai été profondément touchée par ceux d’Andy.

 

 

Ce qui compte c’est que j’ai épousé l’homme que j’aime et je suis fière d’être désormais mariée à une personne si différente de moi dont la culture est à 1000 lieues de la mienne. Au quotidien, Andy et moi faisons un dans notre pluralité et cela s’appelle richesse.

 

 

Certains m’ont déjà posé la question, et si c’était à refaire ? Je réponds que oui, je le referais, mais différemment. Je ré-épouserais Andy un million de fois. En fait ça tombe bien car je l’ai refait trois mois plus tard pour notre mariage religieux à Paris, et vous savez quoi, je me suis sacrément éclatée ! L'article à ce propos sera en ligne dans trois mois donc!

 

Si vous aussi vous êtes dans une situation de mixité dans votre couple, que vous vous êtes mariés avec une personne de nationalité différente (ou que vous comptez le faire!), je vous invite à partager vos expériences ci-dessous!

 

 

Crédit photo: Jonatahn Beiko

 

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A propos

Tout a commencé par un semestre d’étude…cela s’est terminé en déménagement. Moi c’est Hélène, et je me suis installée au Mexique en Juillet 2016, époque à laquelle j’ai débuté le blog. A French in Mexico, c’est l’histoire d’une française (moi) qui vit au Mexique et qui écrit plein de choses sur le voyage et la vie à l’étranger. Je partage ma découverte du pays et de sa culture, mais aussi mon expérience sur la vie d’expatriée, sa richesse, ses challenges et ses difficultés.

Plus d’informations sur mon parcours, ainsi que mes coordonnées de contact, sont disponibles dans la rubrique « A propos ». Bonne lecture à tous!

 

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